Un été 42 : une saison capturée en musique par Michel Legrand

Un été 42 n’est pas qu’une bande originale de film.
Michel Legrand parvient à transformer l’essence de l’été – cette lumière dorée, cette langueur chaude, ce temps dilaté – en une mélodie douce, et obsédante.
Dès les premières notes, mi, la, si, sol ; mi, la, si, do, le ton est donné : une simplicité apparente qui génère une profonde émotion. Le motif tourne, se transforme, s’élève, s’assombrit. Il épouse les sensations de l’été : la torpeur des après-midis, la chaleur sur la peau, l’attente silencieuse d’un amour naissant.
Écoutez
la version live de l'orchestre philarmonique de Radio France
https://www.youtube.com/watch?v=Y9a6obrB3rs&ab_channel=FranceMusiqueconcerts
la version solo harpe
https://www.youtube.com/watch?v=l1PhhSuWk7I&ab_channel=canilecanan
la version chantée par Michel Legrand
https://www.youtube.com/watch?v=93G3uxkMmHU&t=4s&ab_channel=RTSArchives
la version anglaise interprétée par Barbra Streisand
https://www.youtube.com/watch?v=nkqzbujVWGs&ab_channel=BarbraStreisand-Topic
Sources
:
-https://www.radiofrance.fr/francemusique/concerts/maison-de-la-radio-et-de-la-musique-auditorium-legrand-demarquette-egea-leloup-berchot-sellin-laizeau-boussaguet-op-de-rf-stil/michel-legrand-un-ete-42-summer-of-42-4666230
-https://www.iletaitunefoislecinema.com/un-ete-42/
-https://pianoformation.com/un-ete-42-de-michel-legrand/

Au cœur de l’hiver, lorsque le temps semble retenu dans son souffle, une déesse romaine impose le silence : Angerona. À l’origine, elle est celle qui guérit la douleur et la tristesse, présidant aux passages difficiles. Figure du seuil et de la renaissance solaire, elle était célébrée au jour du solstice d’hiver. Angerona nous rappelle que toute lumière nouvelle naît d’un retrait, d’une nuit, d’un silence. Pline la décrit portant un bandeau scellé sur la bouche, tandis que Macrobe la représente l’index de la main gauche posé sur les lèvres. Elle n’impose pas un simple silence : elle ouvre un espace de retrait, un vide où le cours ordinaire du temps se suspend. Ce silence n’est ni passivité, ni oubli, mais concentration des forces. Il renvoie à la nuit matricielle d’où surgira le nouveau soleil, à l’image de l’enfant encore fragile, porteur de toutes les promesses à venir. Angerona est la gardienne de cette traversée invisible, celle qui exige l’épreuve du silence avant toute naissance, toute renaissance. Mais son bâillon révèle une dimension peut être encore plus radicale. À l’heure la plus sombre de l’année, le verbe ancien perd son autorité. Les dieux fatigués, garants d’un ordre arrivé à son terme, sont réduits au silence. Ce mutisme devient alors un acte de libération : il invite à rompre avec les récits épuisés, à se dépouiller des lois devenues stériles. Comment rapprocher la portée symbolique de ce moment de notre présent avec l’équilibre de notre vision de nous même et du monde ? Peut-être en profitant du calme imposé par la saison pour faire silence à notre tour. S'interroger sur l’essence de nos valeurs, de nos choix, de tout ce qui nourrit nos espoirs pour demain. Dans une actualité agitée et déstabilisante, cette "vacuité responsable" pourrait elle ouvrir la voie à une vision plus claire du chemin à venir ? Corinne Maréchal, réflexologue Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Angerona_(mythologie) https://institut-iliade.com/une-deesse-du-solstice-dhiver-angerona/ Symbolisme du Solstice d’Hiver, mythologies, symboles et rites, Philippe Costa, The Book Edition, octobre 2022








